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Un ancien antiphonaire

Reliure du registre des délibérations du bureau de charité, E 8 (1714-1724).

Les administrateurs du bureau de charité au XVIIIe siècle faisaient relier leurs registres avec d'anciens parchemins.

Il s'agit ici d'un antiphonaire ou d'un graduel, un type d'ouvrage qui rassemble les différentes prières dites lors des offices quotidiens avec des notations pour le chant.

Il était destiné au maître de chant (les chantres chantant de mémoire) dans les communautés religieuses. La prière faisait partie des obligations de la règle de la communauté.

Les abbayes et prieurés possédaient ce type de manuscrits.

La notation est dite "psalmodique" car elle correspond à des psaumes récités en chant grégorien. Ce dernier doit son nom au pape Grégoire le Grand qui a codifé le chant liturgique en Occident au VIIe siècle, grâce à l’élaboration d’un système de notation et à la multiplication des livres de chant.

Ici, on peut identifier un passage du Livre de Daniel (extraits de la Vulgate, la Bible traduite en latin), le cantique d'Azarias dans la fournaise (chapitre 3, verset 26), qui a été transformé en psaume. Benedictus es Domine Deus patrum nostrorum, et laudabile, et gloriosum ... : "Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères, et vénéré, et que ton nom soit glorifié éternellement ..."

Au Moyen Age, le parchemin (fait de peau animale) remplace le papyrus antique comme principal support de l'écriture. Pour être reproduits et diffusés, les livres sont copiés à la main par les religieux au sein des ateliers monastiques.